Celestin Adolphe PEGOUD (Résumé)

jeudi 16 juillet 2015

Adolphe PEGOUD.

Il fut le premier  abandonner son avion pour sauter en parachute le 19/08/1913.

Egalement un des premiers  effectuer un looping le 18 septembre de la même année

PIONNIER DE l’ACROBATIE

Ayant réalisé le premier looping, Adolphe Pégoud fut le premier pilote  affronter méthodiquement les problèmes du vol acrobatique

Né le 13 juin 1889  Montferrat (Isère), Adolphe Pégoud manifesta, jeune encore, une grande passion pour le sport mais peu d’intérêt pour les études. Arrivé en âge de travailler, il se trouva placé devant une alternative qui ne l’enchantait guère : cultiver la terre ou apprendre le métier de boucher. Aucune de ces professions ne lui convenant, il décida de monter  Paris et d’y tenter sa chance. En 1907,  dix-huit ans, il s’engagea donc au 5e régiment de chasseurs d’Afrique, avec lequel il prit part  la première campagne du Maroc.

Adolphe Pégoud acclamé au retour d’un vol inversé au-dessus du terrain de Brooklands (Grande-Bretagne) le 25 septembre 1953. Trois semaines plus tôt, il avait réussi le premier looping de l’histoire, ouvrant ainsi la voie  l’acrobatie aérienne

Une rencontre providentielle

Revenu en France avec le grade de brigadier, il fit un stage au sein d’un régiment de hussards cantonné  Saumur puis passa dans l’artillerie coloniale. C’est dans cette arme qu’il fit la connaissance d’un homme qui allait lui faire découvrir le plus lourd que l’air le capitaine Carlin.

Conquis par la personnalité de Pégoud, ce dernier le prit comme mécanicien et l’initia au pilotage au camp de Satory sur un REP. Mais,  l’époque, le brevet de pilote militaire était l’apanage des officiers, et Pégoud, handicapé par son manque d’instruction, dut se contenter de voler comme passager.

Mais, touché par l’enthousiasme de son élève, s »r de ses aptitudes, Carlin parvint  le faire admettre,  titre gratuit,  l’école de pilotage de Bron. Le 7 mars 1913, quelques semaines après son arrivée, Adolphe Pégoud décrochait son brevet (n° 1243)  la suite d’un vol parfait sur biplan Maurice-Farman. A ce moment, il arrivait au terme de son engagement et, bien qu’il e »t désiré continuer  servir, il dut quitter l’armée.

Peu de temps après, il fut engagé aux établissements Blériot, où il rencontra des pilotes chevronnés qui lui enseignèrent toutes les ficelles du métier. Séduit par l’acrobatie - il en fit une démonstration devant le roi d’Espagne, Pégoud acquit très vite une telle réputation de casse-cou que Louis Blériot fut sur le point de le mettre  la porte. Mais, plusieurs membres de l’équipe du vainqueur de la Manche ayant pris sa défense, le jeune aviateur obtint un sursis et se vit confier les essais d’un système d’accrochage des avions destinés  la Marine nationale.

Ce procédé, pour le moins dangereux, consistait en un bâti monté sur la partie supérieure d’un aéroplane et permettant  ce dernier de venir s’accrocher  un câble tendu sur le flanc d’un navire. Un tel travail convenait au tempérament de Pégoud, et ses exhibitions devant le ministre de la Marine furent très concluantes. Mais un accident survenu par la suite, et dont l’aviateur se tira par miracle, conduisit  l’abandon de ce système.

Pégoud prit alors contact avec un certain Bonnet, un inventeur qui venait de terminer la mise au point d’un parachute. Sans hésiter très longtemps, il acheta un vieux Blériot XI, destiné  être sacrifié dans l’aventure, et décida d’essayer lui-même la nouvelle découverte. Le 19 ao »t 1913,  Châteaufort, il décolla avec son monoplan, mais l’ouverture inoninée du parachute l’empêcha de se jeter dans le vide. 11 en fallait plus pour le décourager.

Dans le courant de la journée, devant un public ébahi, Pégoud monta  200 m d’altitude et quitta son bord. Le parachute se déploya sans difficulté et l’aviateur descendit doucement vers le sol. Mais le Blériot, lui, ne semblait pas pressé d’imiter son pilote. II effectua plusieurs figures d’acrobatie et vola un moment sur le dos avant de s’écraser. Intrigué, Pégoud demanda  son patron l’autorisation d’essayer de reproduire les évolutions de l’avion.

Adolphe Pégoud dans l’habitacle de son Blériot XI monoplan

En dépit des réticences de Blériot, le jeune homme s’entraina activement et, pour pouvoir voler la tête en bas, se fit attacher  son siège. Le 31 ao »t 1913, il partait pour Juvisy, où, le 2 septembre, il prenait l’air sur l’avion construit pour Perreyron, alors recordman du monde de hauteur. Monté  1 000 m, Pégoud accomplit un renversement complet, se retrouvant la tête en bas, position dans laquelle il vola sur 700 m malgré l’essence qui, s’échappant de la prise d’air du réservoir, lui aspergeait le visage. Il exécuta ensuite un looping, le premier dans l’histoire de l’aviation.

Les exploits de Pégoud lui valurent une énorme popularité. Ayant acquis un Blériot sur lequel il avait fait monter un Gnome rotatif, l’aviateur se rendit en Angleterre où, sur le terrain de Hendon, il réédita ses plus belles figures acrobatiques. Tous les centres d’aviation se l’arrachèrent.

II effectua une grande tournée qui le mena en Belgique, en Italie, en Russie, aux Pays-Bas et en Allemagne. En juillet 1914, après un triomphe  Buc, il partit pour Hambourg. C’est l , au moment où il se préparait  s’embarquer pour les ‰tats-Unis, que la guerre le surprit.

L’as aux six victoires

Rattaché tout d’abord  l’aviation chargée de la défense du camp retranché de Paris - il y obtint une première citation en octobre 1914 -, Pégoud attaqua plusieurs fois des concentrations de troupes ennemies et des ballons d’observation. Il se rendit rapidement compte de l’insuffisance des armements mis  la disposition des combattants et fit adapter un support de mitrailleuse sur son avion.

cette carte postale dédicacée par Pégoud  Buc le 12 octobre 1913 témoigne de l’immense popularité de cet aviateur, dont le nom était inconnu du public un an auparavant

Vers la fin de l’année 1914, il échappa de peu  la mort ou  la capture. Au-dessus des ‰parges, son moteur ayant été touché par des balles tirées du sol, il dut planer sur plus de 10 km pour rejoindre les lignes françaises. Au mois de janvier 1915, il fut promu sergent et prit en compte un Morane « Parasol  ».

Le 5 février suivant, il remportait l’un des premiers doublés authentiques de la Première Guerre mondiale, en abattant deux appareils adverses et en forçant un troisième  atterrir du côté français. Une citation accompagnée de la médaille militaire récompensa cet exploit peu ordinaire.

Pilotant par la suite un Nieuport, Pégoud accompagna Gilbert dans le raid que celui-ci effectua au-dessus de la ville de Friedrichshafen. Enfin, le 14 juillet 1915, il obtint ses galons de sous-lieutenant - il appartenait alors  la MS.49 - après avoir détruit presque coup sur coup deux avions allemands, dont un Aviatik puissamment armé.

Adolphe Pégoud trouva la mort le 31 ao »t 1915 en combat aérien. Au cours d’une mission de reconnaissance au-dessus de la région de Belfort, il avait repéré un Taube d’un nouveau modèle, fortement blindé ; deux fois de suite, Pégoud essaya de l’abattre, mais ses balles rebondissaient sur le fuselage.

Craignant d’être touché, le pilote allemand, Kandulski, décida de rompre le combat pendant que son mitrailleur, l’Oberleutnant von Bilitz, lâchait une dernière rafale. Pégoud fut atteint au cou et eut l’aorte sectionnée par un projectile. Son biplan tomba alors comme une pierre. Les deux Allemands apprirent le 6 septembre suivant le nom de l’aviateur qu’ils étaient parvenus  abattre. Ils vinrent lâcher sur le terrain de la MS.49 le message suivant : « A l’aviateur Pégoud, tombé en combattant pour sa patrie.

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