Pégoud pilote

mardi 14 mai 2013
par  pascal bouchain

Son instruction de pilote : Le 22 ao√ »t 1912, un d√©cret organise l’a√©ronautique militaire. Quelques semaines plus tard, aux c√īt√©s de Carlin, P√©goud participe aux grandes manœuvres a√©riennes.

Pour poursuivre son instruction, P√©goud doit reprendre un engagement de six mois. Devant l’engouement de son jeune prot√©g√© et convaincu de son r√©el potentiel, Carlin le fait admettre gracieusement en f√©vrier 1913 √ l’√©cole de pilotage de Bron (Rh√īne-Alpes) dont il vient de prendre la direction. Une semaine suffira ! Son instructeur est le chef-pilote Louis Plantier sur avion Farman. A peine lib√©r√© de son engagement militaire, P√©goud se pr√©sente aux √©preuves du brevet de pilote civil attribu√© par l’A√©roclub de France. Le 1er mars, la nouvelle tombe : Il est admis sous le num√©ro 1 243. C’est la joie ! Et le d√©but de nouvelles aventures…

JPEG - 43.2 ko P√©goud √ Bron sur avion Farman le 1er mars 1913

A la recherche d’un emploi : Son brevet en poche, il aimerait poursuivre sa carri√®re militaire dans l’aviation. Mais √ cette √©poque, le pilotage au sein de l’arm√©e fran√ßaise est r√©serv√© aux seuls officiers. Il envisage alors de se rendre en Serbie ou en Roumanie, mais il finit par se r√©soudre √ entrer dans l’industrie a√©ronautique priv√©e fleurissante.

Aussi, P√©goud s’applique √ r√©diger une lettre de motivation qu’il adresse √ plusieurs constructeurs renomm√©s, dont Robert Esnault Peleterie (REP), Louis Bl√©riot, et Gabriel. Ce dernier l’embauche sans grand enthousiasme. Il racontera plus tard √ un journaliste (Raymond Saladin) : "P√©goud arrive √ mon usine. Je l’engage. Il travaille pour moi sur trois de mes machines. Son allure ne me plaisait pas. Entre lui et moi, il n’y avait pas de fluide. Et puis, il avait de sacr√©es jambi√®res en cuir jaune qui m’√©nervaient. Ah ! Ces jambi√®res ! Je finis par me persuader qu’un homme ainsi affubl√© ne ferait jamais un pilote. Finalement, je le cong√©diais en lui disant "Si jamais vous devenez aviateur, je veux √™tre pendu par les oreilles !".

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Employ√© chez Bl√©riot Finalement, c’est chez Louis Bl√©riot √ Buc, qu’il trouvera √ s’employer une semaine plus tard. Nous sommes le 8 mars 1913. Pilote d√©butant, il est d’abord pris en charge par Edmond Perreyon, 31 ans, chef pilote de l’√©cole Bl√©riot qui vient de se distinguer en d√©tr√īnant Roland Garros du record d’altitude avec pas moins de 6 000 m√®tres. John Domenjoz, de nationalit√© suisse, est √©galement instructeur exp√©riment√© √ l’√©cole de Buc. Lui aussi apprendra les ficelles du m√©tier √ P√©goud √ ses d√©buts.

Autre personnage cl√© de l’A√©roparc : Ferdinand Collin. Fid√®le collaborateur de Louis Bl√©riot, il est le directeur de l’√©cole de pilotage. P√©goud, √ son arriv√©e est tellement chien-fou, que Collin doit le restreindre de vol en limitant ses provisions d’essence. Il √©crira √ son sujet : ¬« Il avait pour le vol ce besoin passionn√© de l’ivrogne pour son vice¬ ». A cette √©poque, H√©l√®ne de Plagino une jeune aviatrice d’origine roumaine l’avait surnomm√© ¬« Soif d’Azur ¬ ».

JPEG - 47.2 ko P√©goud √ Buc en compagnie de Domenjoz (√ droite) et un √©l√®ve mexicain (√ gauche)

L’exp√©rience de Trolley Mi-mai, √ Buc, P√©goud exp√©rimente "l’a√©roplane √ trolley", un dispositif qui devait permettre √ un avion de s’arrimer sous un c√Ęble tendu le long de la coque d’un navire. Pour l’exp√©rience, ce syst√®me que P√©goud appelait "le Perchoir" √©tait constitu√© d’un c√Ęble de 80 m tendu entre plusieurs pyl√īnes √ seulement quatre m√®tres du sol. Il fallait une certaine adresse pour venir se placer sous ce c√Ęble, et y clipper l’avion √ l’aide d’un guide en V fix√© √ l’avant de l’appareil et dot√© d’un galet automatique en bronze. On pouvait bien s√ »r aussi en repartir avec la m√™me aisance. D√©but ao√ »t, P√©goud en fait la d√©monstration par grand vent, √ plusieurs reprises avec succ√®s, devant le Ministre de la Marine, Pierre Baudin, et quelques amiraux. Ce sont les pr√©misses de l’aviation embarqu√©e, mais ce syst√®me n’aura jamais aucune application concr√®te.

JPEG - 26.8 ko P√©goud sur son "perchoir" !

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